Pisac

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À 33 km de Cusco, Pisac associe un grand complexe archéologique inca, perché sur la montagne, et un village colonial réputé pour son marché artisanal.

À une trentaine de kilomètres au nord-est de Cusco, Pisac marque l'entrée orientale de la Vallée Sacrée des Incas. Le site associe un complexe archéologique inca perché à 3 300 mètres d'altitude et un village colonial reconstruit au pied de la montagne, connu pour son marché artisanal. Le nom proviendrait du quechua « Pisaqaq » ou « Pisak'a », qui désigne la perdrix : la disposition du site rappellerait la silhouette de cet oiseau.

Pourquoi visiter Pisac

Pisac concentre, sur un même versant, la plupart des éléments qui caractérisent l'urbanisme inca : terrasses agricoles étagées, temples taillés dans le granit, quartiers résidentiels et nécropole. Contrairement à Machu Picchu, le site reste accessible en transports publics depuis Cusco en moins d'une heure, ce qui en fait une première étape logique pour comprendre l'architecture inca avant de remonter la Vallée Sacrée.

Le village en contrebas accueille par ailleurs l'un des marchés artisanaux les plus fournis de la région, particulièrement actif les mardis, jeudis et dimanches.

Histoire

Pisac a été fondé au XVe siècle, vers la fin des années 1470, par les Incas sous le règne de Pachacutec. La conquête de la Vallée Sacrée avait été entamée par son prédécesseur Viracocha. Selon la tradition orale, Pachacutec aurait fait édifier le site après avoir vaincu une tribu locale, en y ajoutant une citadelle, un palais et un ensemble cérémoniel sur les hauteurs. La présence de tours de guet indique également une fonction militaire, le complexe surveillant l'accès à la vallée depuis l'Antisuyu, la région amazonienne.

Le savoir-faire des bâtisseurs s'illustre dans tout le complexe. Les structures en pierre, édifiées sans mortier, sont ajustées à la perfection : murs inclinés et pierres polygonales permettent aux édifices de résister aux tremblements de terre. Les terrasses, irriguées par des canaux, servaient à la fois à cultiver maïs et pommes de terre et à limiter l'érosion des pentes.

Aux environs des années 1530, Pisac fut conquis par les Espagnols dirigés par Francisco Pizarro. Les habitants quittèrent les hauteurs, les monuments furent endommagés et le cimetière inca pillé. Durant les réformes engagées vers 1570 par le vice-roi Francisco Álvarez de Toledo, le village actuel a été reconstruit en contrebas, sous les ruines du complexe inca. Les redécouvertes archéologiques des XIXᵉ et XXᵉ siècles ont confirmé son importance et le site est aujourd'hui classé patrimoine national.

Que voir sur le site et au village

Le complexe archéologique

  • Intihuatana (Temple du Soleil) : secteur cérémoniel le plus élaboré, avec un autel solaire taillé dans la roche et des bains rituels.
  • Terrasses agricoles de Qantus Raqay et Acchapata : enchaînement spectaculaire d'andenes incurvés sur le flanc de la montagne.
  • Quartier résidentiel de P'isaqa : maisons en pierre disposées en demi-cercle, probablement réservées à l'élite.
  • Nécropole de Tankanamarca : centaines de niches funéraires creusées dans la falaise, l'un des plus grands cimetières incas connus.
  • Tours de guet (pucaras) : postes de surveillance sur les crêtes.

Comptez 3 à 4 heures pour parcourir l'ensemble à pied. Le site se visite avec le Boleto Turístico de Cusco.

Le village et son marché

Le marché de Pisac se tient en général les mardis, jeudis et dimanches, et propose textiles tissés à la main, céramiques, bijoux en argent, instruments de musique et produits frais des vallées voisines. Les jours sans marché, plusieurs étals et ateliers restent ouverts autour de la place principale. Le village abrite aussi un petit jardin botanique consacré aux plantes andines et plusieurs ateliers de tissage où les visiteurs peuvent observer le travail à la main.

Informations pratiques

  • Altitude : 2 970 m au village, 3 300 m sur le site archéologique. Une acclimatation préalable à Cusco est recommandée.
  • Accès au site : inclus dans le Boleto Turístico (billet combiné régional).
  • Durée de visite : prévoir une demi-journée minimum, une journée complète pour combiner site et marché.
  • Spécialités à goûter : pachamanca (cuisson sous pierres chaudes), lomo saltado, cuy rôti, truite de rivière, plats à base de maïs et de pommes de terre.
  • Festivités : l'Inti Raymi (fête du soleil) en juin donne lieu à des cérémonies dans toute la région de Cusco. Pisac accueille également plusieurs fêtes patronales au cours de l'année.

Note : certaines agences proposent des cérémonies dites d'ayahuasca à Pisac. Il s'agit d'une offre touristique récente, sans rapport avec un rituel local traditionnel ; la plus grande prudence est de mise sur l'encadrement et la sécurité.

Quand y aller

La saison sèche, d'avril à octobre, offre les meilleures conditions de visite, avec des journées ensoleillées et des températures comprises entre 15 °C et 20 °C. Les nuits restent fraîches, parfois proches de zéro en juin et juillet. La saison des pluies, de novembre à mars, rend certains sentiers glissants mais les paysages sont alors plus verts et la fréquentation moindre. Les jours de marché (mardi, jeudi, dimanche) sont les plus animés mais aussi les plus fréquentés.

Comment s'y rendre

Depuis Cusco : la plupart des bus publics partent de la Calle Puputi. Le trajet dure 45 minutes à 1 heure, avec des départs réguliers tout au long de la journée. Les colectivos (vans partagés) couvrent le même itinéraire un peu plus rapidement, pour quelques soles supplémentaires.

Depuis Ollantaytambo ou Urubamba : des colectivos relient directement Pisac en 1 h à 1 h 30, ce qui permet d'enchaîner les sites de la Vallée Sacrée sans repasser par Cusco.

Taxi privé ou tour organisé : nombreuses agences de Cusco proposent des excursions à la journée incluant Pisac, Ollantaytambo et un site supplémentaire (Moray, Chinchero ou Maras). Tarif à négocier pour le taxi privé.

Sur place, le village se parcourt à pied. Pour rejoindre directement le complexe archéologique sans emprunter le sentier de montée (1 h 30 environ), des taxis et moto-taxis assurent la liaison pour quelques soles.

Aux alentours

Pisac s'intègre naturellement dans un circuit de la Vallée Sacrée. À combiner avec :

  • Moray, ses terrasses circulaires uniques en architecture inca.
  • le Musée Inkariy, qui retrace les grandes civilisations préhispaniques du Pérou.
  • Huchuy Qosqo, site inca moins fréquenté accessible par randonnée depuis la vallée.
  • le Planétarium de Cusco, pour comprendre l'astronomie inca avant la visite des temples.

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

Une demi-journée suffit pour parcourir le site archéologique. Pour combiner les ruines, le marché et le village colonial, prévoyez une journée complète au départ de Cusco.

Le marché principal a lieu les mardis, jeudis et dimanches. Le dimanche est le plus animé, avec une cérémonie traditionnelle sur la place centrale en matinée. En dehors de ces jours, plusieurs échoppes et ateliers restent ouverts autour de la place.

Le complexe s'étend sur un versant escarpé et nécessite plusieurs heures de marche avec dénivelé. Les visiteurs souhaitant éviter la montée peuvent prendre un taxi jusqu'à l'entrée haute du site puis redescendre progressivement à travers les différents secteurs.

L'accès est inclus dans le Boleto Turístico de Cusco, qui couvre également plusieurs autres sites de la Vallée Sacrée et de la ville. Aucun billet individuel n'est vendu à l'entrée.

Le village se situe à environ 2 970 m, soit légèrement plus bas que Cusco (3 400 m). De nombreux voyageurs y passent une ou deux nuits avant de rejoindre des sites plus élevés.

Organiser votre voyage

Pisac s'inscrit naturellement dans un itinéraire combinant Cusco, la Vallée Sacrée et le Machu Picchu. Pour bâtir un circuit sur mesure intégrant ce site et les autres étapes andines, consultez nos voyages au Pérou.

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