Amazonie péruvienne

Deux portes d'entrée, Puerto Maldonado et Iquitos, pour aborder 60% du territoire péruvien couvert de forêt humide, entre collpas d'aras, lodges fluviaux et communautés Shipibo.

L'Amazonie péruvienne couvre près de 60% du territoire national, mais ne concentre qu'une fraction de sa population. Depuis notre agence à Lima, nous travaillons avec deux portes d'entrée bien distinctes : Puerto Maldonado au sud, dans la région de Madre de Dios, et Iquitos au nord, capitale du département de Loreto. Les deux se rejoignent sur le même biome de forêt tropicale humide, mais les expériences proposées, la végétation et la logistique varient sensiblement.

Puerto Maldonado se trouve à 55 minutes de vol depuis Cuzco, ce qui en fait le prolongement naturel d'un circuit andin. La ville donne accès à deux espaces protégés majeurs : la réserve nationale de Tambopata, gérée depuis 1990, et le parc national de Bahuaja-Sonene, plus reculé. Les lodges se rejoignent en pirogue motorisée par les rivières Tambopata ou Madre de Dios, avec des trajets de 45 minutes à 4 heures selon la profondeur du séjour. La forêt y est dite de "terre ferme", avec des arbres émergents comme le shihuahuaco et de grands lacs en fer à cheval, les cochas, où vivent les loutres géantes et les caïmans noirs.

Iquitos, au nord, est une enclave de 400 000 habitants accessible uniquement par avion (1h45 depuis Lima) ou par bateau cargo depuis Yurimaguas, dans un voyage de 3 jours sur le fleuve. La ville a connu son apogée pendant le boom du caoutchouc entre 1880 et 1914, dont témoignent les façades en azulejos portugais de la Plaza de Armas et la maison de fer dessinée dans l'atelier d'Eiffel. Le quartier flottant de Belén, avec son marché aux produits de la forêt (fruits d'aguaje, poissons paiche, suri grillés), reste l'un des meilleurs points d'observation du mode de vie fluvial. C'est depuis Iquitos que partent les expéditions vers la réserve de Pacaya-Samiria, deuxième aire protégée du pays par sa taille (2,1 millions d'hectares), dominée par la forêt inondée ou "varzea".

La population de la région amazonienne mêle métis riverains, dits ribereños, et plusieurs dizaines de peuples autochtones : Shipibo-Conibo le long de l'Ucayali, Yagua et Bora autour d'Iquitos, Ese'eja près de Tambopata, Ashaninka dans les contreforts andins. Nous travaillons avec quelques communautés qui ont structuré un accueil sur la durée, notamment les Ese'eja de Infierno, copropriétaires depuis 1996 du lodge Posada Amazonas. Ce type de partenariat permet de financer la surveillance territoriale contre l'orpaillage illégal, qui ronge le sud de Madre de Dios depuis vingt ans.

Côté gastronomie locale, on retrouve des plats que l'on ne croise pas ailleurs au Pérou : le juane (riz au curcuma et poulet enveloppé dans une feuille de bijao), le tacacho con cecina (banane plantain écrasée avec porc fumé), le paiche grillé, ou les jus d'aguaje et de camu camu. Le ron de Tarapoto et le masato, bière fermentée de manioc, complètent le répertoire.

Nous insistons toujours sur un point auprès de nos voyageurs : l'Amazonie n'est pas un safari africain. Les animaux y sont présents en grande densité, mais la végétation dense réduit la visibilité. La récompense vient de la patience et de la qualité du guide naturaliste. Un séjour réussi mêle marches en forêt à l'aube, sorties en pirogue au crépuscule pour les caïmans, observation des aras à la collpa (falaise d'argile) et, selon les programmes, nuit en affût ou visite d'un projet de recherche.

À découvrir

Collpa de aras à Tambopata. Au lever du jour, des centaines d'aras macao, vert-rouge et bleu-jaune se rassemblent sur une falaise argileuse au bord du fleuve pour ingérer des sels minéraux. Observation depuis un affût à 30 mètres, vers 5h30.

Navigation dans Pacaya-Samiria en eaux hautes. Entre janvier et mai, la forêt inondée se parcourt en pirogue silencieuse jusqu'à la cime des arbres. C'est la meilleure saison pour les paresseux, les dauphins roses et les singes saki.

Marché flottant de Belén à Iquitos. Quartier construit sur radeaux qui montent et descendent de 6 mètres selon la saison. On y vend cœurs de palmier, larves de suri, plantes médicinales et poissons amazoniens dans une circulation en barques.

Lac Sandoval au coucher du soleil. Cocha en forme de fer à cheval à 1h30 de pirogue puis 45 minutes de marche depuis Puerto Maldonado. Famille de loutres géantes résidente, hoazins huppés et caïmans noirs visibles aux jumelles.

Visite d'une communauté Shipibo-Conibo. Sur les rives de l'Ucayali, près de Pucallpa, les femmes peignent des céramiques aux motifs kené hérités d'une cosmologie ancienne. Échange de 2 à 3 heures avec démonstration de teinture végétale.

Quand y aller

L'Amazonie péruvienne connaît deux saisons marquées plutôt qu'une vraie saison sèche. La période la moins humide s'étend de mai à octobre, avec des températures de 26 à 32°C en journée et des nuits parfois fraîches en juin-juillet (descentes de "friajes" venues du sud à 17-19°C, qui peuvent durer 2 à 4 jours). Les sentiers sont praticables, les niveaux d'eau bas facilitent l'observation des berges, et les colpas d'aras sont actives. C'est notre période de recommandation pour les voyageurs qui privilégient la marche.

De décembre à avril, la saison des pluies fait monter les fleuves de 5 à 10 mètres. Les averses tombent généralement en fin d'après-midi, courtes mais intenses (100 à 300 mm par mois). À Pacaya-Samiria, c'est la saison reine pour la navigation : on entre en pirogue dans des zones inaccessibles le reste de l'année. À Tambopata, les sentiers deviennent boueux mais la forêt est plus active côté insectes, amphibiens et fleurs. Nous évitons en revanche de programmer les marches longues entre février et mars.

Conseils pratiques

Nous recommandons un minimum de 3 nuits en lodge, et idéalement 4 pour ceux qui visent les espèces les plus discrètes (jaguar, tapir, loutre géante). En dessous de 3 nuits, on consacre l'essentiel du temps aux trajets fluviaux d'arrivée et de départ. Pour Tambopata, comptez Cuzco-Puerto Maldonado en vol (55 min) puis 1h à 4h de bateau selon le lodge. Pour Iquitos et Pacaya-Samiria, prévoyez un vol Lima-Iquitos (1h45) puis 4 à 12h de navigation, selon que vous visez la zone touristique ou le cœur de la réserve.

L'Amazonie se combine naturellement avec Cuzco et la Vallée Sacrée via Puerto Maldonado, ce qui en fait souvent la dernière étape d'un circuit andin de détente après l'altitude. Avec Iquitos, on parle d'une parenthèse à part, à insérer en début ou fin de voyage depuis Lima. Le confort en lodge varie de la chambre rustique avec moustiquaire et électricité 4h par jour, jusqu'aux écolodges haut de gamme avec piscine et observatoire à canopée. La région convient bien aux voyageurs contemplatifs, aux familles avec enfants à partir de 7-8 ans, et aux passionnés d'ornithologie. Elle est moins indiquée pour ceux qui cherchent du rythme : les journées en forêt imposent silence, lenteur et acceptation de l'humidité.

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