
Calama
Calama
Posée à 2 260 m au cœur du désert d'Atacama, Calama est la porte d'entrée du nord chilien : geysers d'El Tatio, mine de Chuquicamata, accès à San Pedro d'Atacama.
| Calama en bref | |
|---|---|
| Pays | Chili (région d'Antofagasta) |
| Altitude | 2 260 m |
| Population | 166 000 habitants |
| Aéroport | El Loa (CJC), vols depuis Santiago |
| Distance San Pedro d'Atacama | 100 km (1h30 de route) |
| Meilleure période | Mars à mai, septembre à novembre |
| Incontournable | Geysers d'El Tatio, mine de Chuquicamata |
| Durée conseillée | 1 à 2 jours (porte d'entrée du désert) |
Posée à 2 260 mètres d'altitude au cœur du désert d'Atacama, Calama joue le rôle de porte d'entrée du nord chilien. Ville minière nourrie par le cuivre de Chuquicamata, elle sert aussi de base logistique vers les geysers d'El Tatio, la vallée de la Lune et San Pedro d'Atacama. Vous y trouverez un aéroport bien desservi, des hôtels confortables et un point de départ pratique pour explorer l'un des déserts les plus arides de la planète.
Pourquoi visiter Calama
Calama n'est pas une carte postale. C'est une ville de travail, marquée par l'industrie minière et la rudesse du désert. Mais sa position en fait un passage quasi obligé pour qui veut explorer Atacama sans dépendre uniquement de San Pedro.
La ville cumule trois atouts : un aéroport international qui raccourcit le voyage depuis Santiago, une histoire industrielle hors norme avec la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert au monde, et un accès direct aux geysers d'El Tatio comme aux vallées désertiques. Les communautés aymara et quechua, retranchées dans les montagnes alentour, ajoutent une couche culturelle souvent oubliée des circuits classiques.
En une journée, vous prenez le pouls de la ville. En deux, vous combinez visite de Chuquicamata et excursion aux geysers. Au-delà, mieux vaut filer vers San Pedro d'Atacama pour les paysages.
Notes d'histoire
Calama aurait connu diverses civilisations, allant des cimetières précolombiens ornés de pétroglyphes, aux cultures de maïs et de luzerne lancées par les Espagnols. Ses habitants ont servi de nombreux maîtres, à commencer par les sapas incas, le conquistador Diego de Almagro, puis les propriétaires d'haciendas qui firent d'eux leurs esclaves.
La ville a été déchirée par les conflits politiques entre la Bolivie et le Chili. Malgré les cruautés de ses maîtres, la nature a légué à Calama ses deux facteurs de développement : les ressources minières (argent, or, salpêtre, cuivre) et la rivière Loa, qui en a fait une oasis en plein désert dont l'intérêt agricole est indiscutable. Carrefour commercial du désert d'Atacama dès l'empire inca, Calama a connu une croissance spectaculaire après l'arrivée des Espagnols.
L'année 2007 a marqué un tournant. Les ouvriers de la mine de Chuquicamata ont été déplacés de force vers Calama, où une ville satellite a été construite hors les murs. Les habitations historiques du camp ont été désaffectées : la mine à ciel ouvert grignotait sans cesse l'espace, et un scandale sanitaire lié aux taux d'arsenic rendait le site irrespirable. Le camp a fermé définitivement en septembre 2007.
Aujourd'hui, Calama est la capitale provinciale d'El Loa, dans la région d'Antofagasta. Ses 166 000 habitants viennent d'horizons variés : Boliviens, Argentins, Chinois, Vénézuéliens. Les communautés autochtones aymara et quechua vivent dans les montagnes environnantes.
Que faire à Calama
Une journée suffit pour faire le tour de la ville. Les vraies pépites se trouvent dans un rayon de 100 km autour.
Visiter la mine de Chuquicamata
À 15 km au nord de Calama, Chuquicamata est la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert au monde : un cratère de 4,5 km de long et 1 km de profondeur. Des visites guidées partent depuis Calama (réservation obligatoire à l'avance, équipement de sécurité fourni). Vous y verrez les camions miniers géants, les terrasses d'extraction et l'ancien camp ouvrier abandonné en 2007. Comptez une demi-journée.
Excursion aux geysers d'El Tatio
À 90 km de Calama, le champ géothermique d'El Tatio rassemble plus de 80 geysers à 4 320 m d'altitude. Le spectacle se joue avant le lever du soleil : les fumerolles jaillissent de manière spectaculaire dans le froid de l'aube, accompagnées de crépitements. Départ vers 4 h du matin, retour en milieu de matinée. La plupart des excursions partent de San Pedro d'Atacama, mais des opérateurs proposent le départ depuis Calama pour les voyageurs qui n'ont pas le temps de faire le détour.
Pousser jusqu'à San Pedro d'Atacama
San Pedro d'Atacama est à 1h30 de route. C'est de là que partent la plupart des excursions vers la vallée de la Lune, la vallée de la Mort, les lagunes altiplaniques et le salar d'Atacama. Le village abrite aussi le musée Chinchorro, qui conserve des momies pré-incaïques remarquablement préservées.
Flâner au parc El Loa
Aire de loisirs prisée des habitants le week-end, le parc El Loa accueille jeux pour enfants, restaurants, boutiques d'artisanat et un musée archéologique consacré aux tribus précolombiennes de la région. On y trouve une réplique en miniature de l'église Chiu Chiu. Le parc accueille la fête d'indépendance du Chili, le festival de jazz d'El Loa et le festival de la province.
La cathédrale San Juan Bautista
Au centre-ville, la principale église catholique de Calama a été construite en 1906 et restaurée en 2001 avec des feuilles de cuivre incrustées sur la toiture et la coupole. Un clin d'œil direct à l'histoire industrielle de la ville.
L'église San Francisco de Chiu Chiu
À 30 km au nord-est de Calama, cette église de 400 ans est, selon les historiens, le plus ancien lieu de culte érigé par les Espagnols au Chili. Murs en adobe, toiture en bois de cactus, atmosphère de village andin figé dans le temps.
Quand partir à Calama
Le climat est sec toute l'année, mais les écarts de température sont brutaux : jusqu'à 35 °C en journée et en dessous de 0 °C la nuit. L'altitude (2 260 m en ville, plus de 4 000 m sur les sites altiplaniques) accentue le ressenti.
- Mars à mai (automne austral) : températures douces, ciel dégagé, peu de touristes. Période idéale.
- Juin à août (hiver austral) : journées ensoleillées mais nuits glaciales (-5 °C aux geysers). Haute saison pour El Tatio.
- Septembre à novembre (printemps austral) : très bon compromis, températures remontent, peu de pluies.
- Décembre à février (été austral) : épisodes d'« hiver bolivien » possibles (orages d'altitude), routes parfois coupées vers les geysers.
Quelle que soit la saison, prévoyez des couches : polaire, coupe-vent, bonnet pour les départs aux geysers, t-shirt pour la journée à Calama.
Comment se rendre à Calama
En avion : l'aéroport El Loa (code CJC) est à 7 km au sud de la ville. Plusieurs vols quotidiens depuis Santiago (2h de vol) avec LATAM, Sky Airline et JetSmart. C'est de loin le moyen le plus rapide depuis l'Europe ou Lima.
En bus : Calama est connectée par bus longue distance à Santiago (22h), Antofagasta (3h) et San Pedro d'Atacama (1h30). Compagnies fiables : Tur Bus, Pullman Bus, Cikbus. Terminal au centre-ville.
Depuis Calama vers San Pedro d'Atacama : navettes partagées (Transvip, Licanantay) ou bus toutes les heures. Comptez 100 km et 1h30 de route.
Sur place : taxis, combis et VTC couvrent les besoins urbains. Pour les excursions (Chuquicamata, El Tatio), passez par une agence locale ou votre hôtel.
Altitude et acclimatation
Calama se trouve à 2 260 m. C'est rarement un problème, mais les excursions montent vite : Chuquicamata à 2 850 m, geysers d'El Tatio à 4 320 m. Au-dessus de 3 500 m, le mal aigu des montagnes peut frapper (maux de tête, nausées, essoufflement).
Conseils de bon sens : passez au moins une nuit à Calama avant de monter aux geysers, hydratez-vous abondamment, évitez l'alcool la veille d'une excursion d'altitude, marchez lentement. Le mate de coca, en vente partout, aide à atténuer les symptômes.
Où dormir à Calama
L'offre hôtelière est dimensionnée pour les voyageurs d'affaires (cadres miniers) plus que pour les touristes. Bonne nouvelle : les standards sont corrects, les chambres spacieuses et bien chauffées.
- Guesthouses et hostales (15-30 €) : chambres simples avec salle de bains partagée ou privée, petit-déjeuner inclus, ambiance familiale. Concentrées autour de la Plaza 23 de Marzo.
- Hôtels milieu de gamme (60-120 €) : chaînes nationales et hôtels indépendants, chambres climatisées, restaurant sur place, parking. Pratique pour une nuit avant un vol matinal.
- Lodges et hôtels haut de gamme (150 € et plus) : pour cette catégorie, mieux vaut filer à San Pedro d'Atacama, où l'offre est nettement plus inspirante (lodges en adobe, piscines, spas, excursions incluses).
Réservez à l'avance pendant les vacances scolaires chiliennes (janvier-février, juillet) et les périodes de forte activité minière.
Conseils d'initié
- Visitez Chuquicamata sur réservation : les visites passent par la fondation Codelco, gratuites mais à réserver plusieurs jours à l'avance. Pas de présentation à l'improviste.
- Geysers depuis Calama, oui mais : si vous avez le temps, dormez à San Pedro la veille. L'excursion depuis Calama implique un départ vers 3 h du matin.
- Argent liquide : retirez à Calama avant de monter à San Pedro. Les distributeurs y sont parfois en panne et les commissions élevées.
- Crème solaire et lunettes IR : l'indice UV est extrême à 2 500 m dans le désert, même en hiver.
- Coupe-vent obligatoire aux geysers : la température peut descendre à -10 °C avant le lever du soleil.
- Décalage avec San Pedro : Calama est plus authentique et bien moins chère pour manger ou dormir, mais San Pedro concentre les paysages. Faites un mix selon votre budget.
Pour qui ?
- Voyageurs en transit vers Atacama : Calama est l'aéroport d'entrée. Une nuit suffit avant de filer à San Pedro.
- Passionnés d'industrie et de patrimoine minier : Chuquicamata est une visite unique au monde.
- Voyageurs au long cours en Amérique du Sud : étape logique entre Santiago, Uyuni (Bolivie) ou le sud du Pérou.
- Familles avec enfants : le parc El Loa et son musée offrent une demi-journée tranquille.
- Voyageurs sensibles à l'altitude : Calama (2 260 m) sert de paliers d'acclimatation avant les sites à 4 000 m.
À éviter si vous cherchez un village pittoresque ou une ambiance bohème : San Pedro d'Atacama remplit mieux ce rôle.
À découvrir aussi
Calama est rarement une destination en soi, mais une étape dans un voyage plus large dans le nord chilien et le sud andin. Combinez-la avec Potosí en Bolivie, autre haut lieu minier, où vous pourrez voir la lagune Colorada et ses flamants roses dans la réserve d'Eduardo Avaroa.
Questions fréquentes
Une journée suffit pour la ville et la mine de Chuquicamata. Comptez deux jours si vous voulez aussi faire les geysers d'El Tatio depuis Calama. Pour explorer la vallée de la Lune et le salar d'Atacama, mieux vaut continuer vers San Pedro d'Atacama (1h30 de route).
San Pedro pour l'ambiance, les paysages et la concentration d'excursions. Calama pour le budget, la praticité (aéroport, supermarchés, banques) et une étape avant un vol matinal. Beaucoup de voyageurs combinent les deux : une nuit à Calama à l'arrivée, puis San Pedro pour les explorations.
Oui, Codelco organise des visites guidées gratuites depuis Calama, à réserver plusieurs jours à l'avance. Vous accédez aux points de vue sur la mine à ciel ouvert et au camp historique abandonné en 2007. Tenue couvrante, chaussures fermées et casque (fourni) obligatoires.
À 2 260 m, Calama est rarement problématique. En revanche, les geysers d'El Tatio culminent à 4 320 m : le mal des montagnes peut frapper. Passez au moins une nuit à Calama avant l'excursion, hydratez-vous, évitez l'alcool et marchez lentement.
Mars-mai et septembre-novembre offrent le meilleur équilibre : températures douces, ciel dégagé, peu de monde. L'hiver austral (juin-août) est idéal pour les geysers mais les nuits sont très froides. Évitez janvier-février si possible (épisodes d'« hiver bolivien » et routes parfois coupées).
Navettes partagées (Transvip, Licanantay) ou bus réguliers desservent San Pedro toutes les heures depuis l'aéroport et le centre de Calama. Comptez 1h30 pour 100 km. Réservation conseillée en haute saison.
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