Les ruines d'Ollantaytambo

Les ruines d'Ollantaytambo

Les ruines d'Ollantaytambo

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Culture & patrimoineArchéologieHistoireRuinesMontagnes6 min de lecture

Forteresse inca de la Vallée Sacrée à 2 792 m, Ollantaytambo livre un Temple du Soleil inachevé, des terrasses spectaculaires et le souvenir d'une rare victoire contre les Espagnols.

Site archéologique majeur de la Vallée Sacrée des Incas, les ruines d'Ollantaytambo dominent un village andin encore habité, à environ 2 800 mètres d'altitude. Ancien complexe militaire, religieux et agricole bâti au XVe siècle, l'ensemble réunit des terrasses, un Temple du Soleil inachevé et un système hydraulique toujours fonctionnel.

Pourquoi visiter Ollantaytambo

Trois raisons rendent cette étape essentielle dans un itinéraire péruvien. D'abord, c'est l'un des rares sites où les Incas ont remporté une bataille contre les conquistadors espagnols, en 1536. Ensuite, le complexe livre des indices concrets sur les méthodes de construction inca : pierres taillées à l'hématite, agrafes en bronze, rampes de transport encore visibles. Enfin, le village en contrebas conserve son plan urbain inca d'origine, avec ses fameuses rues en épis et ses canaux d'irrigation toujours en eau.

Ollantaytambo s'inscrit naturellement entre Cusco et le Machu Picchu, et constitue souvent l'avant-dernière étape avant la cité perdue.

Histoire du site

Ollantaytambo, abrégé en « Ollanta » par les habitants, fut construit au XVe siècle sous le règne de l'empereur Pachacútec. Le site servait à la fois de centre administratif, de forteresse, de temple et de zone agricole. Sa position stratégique permettait de contrôler la vallée de l'Urubamba et d'organiser les expéditions vers les contreforts amazoniens.

Après la défaite de Sacsayhuamán, Manco Inca se réfugia à Ollantaytambo. En 1536, il y repoussa une force espagnole composée de 70 cavaliers et de nombreux fantassins, dirigée par Hernando Pizarro, demi-frère de Francisco Pizarro. Depuis les hauteurs des terrasses, les Incas firent pleuvoir une avalanche de rochers, de lances et de flèches, empêchant les conquistadors d'atteindre la forteresse. Manco Inca avait également détourné une partie du rio Urubamba pour inonder la plaine et entraver la cavalerie.

La victoire fut de courte durée. Peu après, les Espagnols revinrent avec une cavalerie quadruplée. Les Incas durent abandonner le site et se replier dans la jungle, à Vilcabamba, où ils résistèrent encore plusieurs décennies.

Que voir sur le site

La forteresse et ses terrasses

L'accès principal se fait par un escalier monumental qui dessert dix-sept terrasses superposées. Ces terrasses agricoles, parmi les mieux conservées de la région, remplissaient plusieurs fonctions : cultiver à haute altitude, prévenir l'érosion, gérer les eaux de ruissellement et stabiliser le flanc de montagne. Elles formaient également une défense naturelle redoutable, comme l'attestent les événements de 1536. Du sommet, la vue embrasse le rio Urubamba, trois vallées et le village en contrebas avec ses rues tracées en épis.

Le Temple du Soleil

La structure la plus remarquable du site reste inachevée. Sa paroi principale est composée de six monolithes de porphyre rose disposés selon une géométrie qui évoquerait, selon les chercheurs, le cycle de la vie. La pierre provient d'une carrière située à environ 6 km, sur le versant de la montagne opposée. L'un des deux gigantesques linteaux est encore fixé à la rampe qui servait à le hisser, témoignage rare d'un chantier interrompu par l'arrivée des Espagnols.

L'assemblage sans mortier

La technique de construction inca reste partiellement énigmatique. Les blocs sont ajustés avec une précision telle qu'une feuille de papier ne peut s'insérer entre eux. Les bâtisseurs taillaient la pierre avec des outils en hématite et utilisaient des agrafes en bronze en forme de T pour solidariser certains blocs, technique héritée de la civilisation pré-inca de Tiwanaku. Sur plusieurs pierres, des bosses ou saillies sont encore visibles : elles servaient à fixer les cordes de levage et n'avaient pas été polies, signe que le chantier n'était pas terminé.

Le transport des blocs

La carrière de Cachicata, sur le versant opposé, livre des indices concrets sur la logistique inca. Des rampes encore visibles descendent vers la vallée. Pour franchir l'Urubamba, les Incas avaient détourné une partie du cours de la rivière. Plusieurs « pierres fatiguées », abandonnées en chemin parce qu'elles étaient trop lourdes ou trop endommagées, jalonnent encore le tracé.

Le Temple de l'Eau et la fontaine de la Ñusta

Le système hydraulique fonctionne toujours et alimente fontaines, bassins rituels et canaux d'irrigation. La fontaine de la Ñusta (« princesse » en quechua), creusée dans un seul bloc de pierre, est intégrée au Temple de l'Eau. Les canaux suivent les contours naturels du terrain, avec une inclinaison qui maintient un débit régulier sans érosion.

Pinkuylluna et les colcas

Sur la montagne d'en face, les colcas (ou qolqas) forment un bâtiment d'entrepôts agricoles à quatre étages. La ventilation naturelle y conservait grains et tubercules sur de longues périodes. Le site de Pinkuylluna est librement accessible depuis le village et offre une lecture complémentaire du complexe, avec une vue plongeante sur la forteresse.

Alignements astronomiques

Plusieurs structures du site sont alignées sur des événements solaires. Ces marqueurs astronomiques permettaient de fixer les dates des semailles et des récoltes, dans une société où le calendrier agricole était indissociable du calendrier rituel.

Infos pratiques

  • Billet : l'accès au site se fait avec le boleto turístico du Cusco (formule générale ou partielle). Achetez-le à Cusco ou directement à l'entrée.
  • Durée de visite : comptez 1h30 à 2h30 pour la forteresse seule, davantage si vous incluez Pinkuylluna.
  • Horaires : ouverture quotidienne en journée, fermeture en fin d'après-midi. Vérifiez les horaires localement avant de partir.
  • Altitude : 2 792 m. Prévoyez un temps d'acclimatation à Cusco (3 400 m) avant de visiter.
  • Conseils : chaussures de marche, eau, chapeau et crème solaire. Les escaliers sont raides et les terrasses exposées.

Quand y aller

La saison sèche, de mai à octobre, offre les meilleures conditions de visite : ciel dégagé, sentiers praticables, températures douces en journée mais nuits fraîches. La saison des pluies, de novembre à mars, rend les escaliers glissants et limite la visibilité depuis les hauteurs, mais le site est plus calme. Évitez la mi-journée en haute saison touristique (juillet-août) : arrivez tôt le matin ou en fin d'après-midi pour limiter l'affluence.

Comment s'y rendre

Ollantaytambo se trouve à environ 75 km de Cusco, dans la Vallée Sacrée. Trois options principales :

  • En colectivo : minibus partagés au départ de Cusco (terminal de Pavitos), avec changement à Urubamba. Solution la plus économique, comptez 2 heures.
  • En taxi privé ou tour organisé : nombreuses excursions « Vallée Sacrée » incluent Ollantaytambo, Pisac et Chinchero sur une journée.
  • En train : Ollantaytambo est la principale gare de départ vers Aguas Calientes (Machu Picchu) avec PeruRail et Inca Rail. Beaucoup de voyageurs visitent les ruines avant de prendre leur train.

À proximité

La Vallée Sacrée concentre plusieurs sites incontournables d'un voyage au Pérou. Depuis Ollantaytambo, vous pouvez rejoindre Q'enko, sanctuaire rupestre proche de Cusco, ou prolonger vers le sud avec Vinicunca, la montagne aux sept couleurs. Plus loin, la réserve nationale de Pampa Cañahuas et les Salinas et Aguada Blanca offrent un autre visage des Andes péruviennes, entre vigognes et volcans.

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

Comptez 1h30 à 2h30 pour la forteresse principale. Si vous ajoutez Pinkuylluna sur le versant opposé et une promenade dans le village inca, prévoyez une demi-journée complète.

L'accès est inclus dans le boleto turístico du Cusco, billet combiné qui couvre plusieurs sites de la région. Il existe une formule générale et des formules partielles. Aucun billet à l'unité n'est vendu à l'entrée.

L'ascension principale comporte de nombreuses marches raides, à 2 792 m d'altitude. Les personnes non acclimatées peuvent ressentir l'essoufflement. Montez à votre rythme et hydratez-vous régulièrement.

Oui. La gare d'Ollantaytambo est le principal point de départ des trains vers Aguas Calientes. De nombreux voyageurs visitent les ruines le matin et prennent un train l'après-midi pour dormir au pied du Machu Picchu.

Non. Plusieurs indices le confirment : un linteau encore fixé à sa rampe d'installation, des « pierres fatiguées » abandonnées en chemin et des bosses de levage non polies sur les blocs du Temple du Soleil.

Organiser votre voyage

Ollantaytambo s'intègre dans la plupart des itinéraires combinant Cusco, la Vallée Sacrée et le Machu Picchu. Pour construire un circuit sur mesure incluant ces étapes andines, consultez nos voyages au Pérou conçus avec nos équipes locales.

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