
Musée de la momie Juanita
Musée de la momie Juanita
À Arequipa, le Musée Santuarios Andinos expose la momie Juanita, jeune fille inca sacrifiée vers 1450 et retrouvée en 1995 sur le mont Ampato.
Au cœur d'Arequipa, à quelques mètres de la Plaza de Armas, le Musée Santuarios Andinos abrite la momie Juanita, jeune fille inca sacrifiée vers 1450 sur le mont Ampato et retrouvée en 1995. Inauguré en 1996, le musée présente un ensemble cohérent d'artefacts, de textiles et d'objets rituels qui éclairent les pratiques sacrificielles incas en haute montagne.
Pourquoi visiter le musée
La momie Juanita compte parmi les corps humains naturellement conservés les mieux documentés au monde. Sa découverte a permis aux archéologues de reconstituer un rituel andin majeur, le Capacocha, et de mettre au jour un mobilier funéraire intact : figurines en argent et en or, objets en coquillage, textiles tissés en laine de vigogne et de lama. Pour qui s'intéresse à l'histoire pré-colombienne ou à la culture andine, c'est l'un des arrêts les plus instructifs du sud du Pérou.
L'histoire de Juanita
En septembre 1995, l'archéologue américain Johan Reinhard et son guide péruvien Miguel Zárate atteignent le sommet du mont Ampato, à 6 288 mètres d'altitude. Une activité volcanique récente du Sabancaya voisin avait déposé des cendres sur la calotte glaciaire, accélérant la fonte des neiges. La momie, enterrée à environ 4 mètres de profondeur sur la crête, avait basculé jusqu'à un cratère inférieur ; le tissu qui couvrait son visage s'était envolé pendant la chute, exposant ses traits aux intempéries — d'où l'altération visible aujourd'hui sur cette seule partie du corps.
Le surnom « Juanita » a été donné en hommage à Johan Reinhard (Juan en espagnol). On l'appelle aussi la « Dame de Ampato ». Les analyses ont permis d'établir qu'il s'agissait d'une jeune fille de 12 à 15 ans, sacrifiée il y a environ 500 ans dans le cadre du rituel Capacocha (qhapaq hucha).
Le rituel Capacocha
Pour les Incas, les sommets étaient la résidence des divinités tutélaires. Lors de catastrophes naturelles — éruptions, tremblements de terre, sécheresses, inondations — ou pour assurer les récoltes et la stabilité de la dynastie, des enfants issus de familles nobles étaient choisis pour leur santé et conduits en haute altitude. Un régime alimentaire spécifique les préparait au sacrifice environ un an avant la cérémonie. Dans le cas de Juanita, des traces de feuilles de coca et de chicha (alcool de maïs fermenté) ont été retrouvées dans son estomac : elles auraient servi à atténuer la conscience avant la mise à mort, causée par un coup violent porté à la tête.
Une conservation naturelle, pas une momification
Contrairement aux pratiques égyptiennes, les Incas ne procédaient à aucune momification artificielle. C'est le froid extrême du sommet, associé à l'enfouissement dans le pergélisol, qui a préservé le corps, les cheveux, les ongles, la peau et les vêtements colorés. Les recherches scientifiques menées depuis 1995 ont mobilisé tomographie, analyses ADN et études isotopiques pour reconstituer son alimentation, son état de santé et ses derniers jours.
Que voir dans le musée
La visite suit un parcours guidé d'une heure environ, ponctué d'une projection vidéo introductive sur l'expédition de 1995. On y observe successivement :
- les textiles, figurines en métal précieux et offrandes en coquillage retrouvés autour de la momie ;
- des outils et vêtements rituels associés aux cérémonies de haute montagne ;
- la vitrine réfrigérée où repose la momie, à température et humidité contrôlées, qui permet d'observer la position fœtale, les vêtements colorés et le mobilier funéraire ;
- la reconstitution faciale médico-légale réalisée par le sculpteur suédois Oscar Nilsson en collaboration avec les scientifiques de l'Université de Varsovie, dévoilée fin octobre 2023 et présentée en permanence depuis.
Quand venir : Juanita ou Sarita
Pour préserver les corps, le musée alterne deux momies en exposition selon la période de l'année :
- De mai à décembre : la momie Juanita est visible.
- De janvier à avril : c'est la momie Sarita, autre jeune fille sacrifiée également retrouvée dans la cordillère, qui prend sa place.
Si voir Juanita en personne est important pour vous, planifiez votre passage à Arequipa entre mai et décembre. Le reste de l'année, le contenu pédagogique du parcours reste identique.
Informations pratiques
Le musée se trouve dans le centre historique d'Arequipa, à quelques pas de la Plaza de Armas, accessible à pied depuis la plupart des hébergements du centre. Comptez environ une heure de visite, davantage si vous prenez le temps des panneaux explicatifs. Les visites sont guidées et disponibles en espagnol, anglais et français ; il est conseillé de réserver à l'avance en haute saison touristique pour garantir un créneau dans la langue souhaitée. La photographie est interdite à l'intérieur. Prévoyez une tenue confortable : la salle où repose la momie est maintenue à basse température.
À combiner dans la région
Le musée se visite facilement en complément des sites naturels environnants. À une demi-journée de route, la Réserve Nationale de Pampa Cañahuas permet d'observer vigognes et paysages d'altiplano. Les Salinas et Aguada Blanca, sur la route du Colca, prolongent l'immersion dans la haute cordillère où vivait la civilisation à l'origine du rituel Capacocha.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Aller plus loin
Pour intégrer la visite du musée dans un itinéraire complet au Pérou, consultez nos voyages au Pérou et combinez Arequipa avec le canyon du Colca, le lac Titicaca ou la vallée sacrée des Incas.
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