
Moray
Moray
Site archéologique inca près de Cusco, Moray aligne quatre ensembles de terrasses circulaires concentriques utilisées comme laboratoire agricole expérimental.
Moray est un site archéologique inca situé dans la région de Cusco, au Pérou, à environ 10 km du village de Maras et à la base nord-est de la montagne Wayñunmarka. Ses terrasses circulaires concentriques, en forme d'amphithéâtre, s'enfoncent jusqu'à 37 mètres de profondeur. Chaque cercle atteint environ 1,2 mètre de hauteur. L'ensemble est interprété par les chercheurs comme un laboratoire agricole expérimental.
Pourquoi visiter Moray
Moray intrigue par sa fonction présumée : un site dédié à l'expérimentation agricole, où les Incas auraient testé des cultures dans des conditions climatiques contrastées. La différence de température entre le sommet et le fond des cercles crée des microclimats étagés, exploités pour acclimater des plantes venues de différentes altitudes andines.
Le site se visite en complément des salines de Maras, à quelques kilomètres, ce qui en fait une étape forte d'une journée dans la Vallée sacrée. Le panorama depuis le belvédère, avec les terrasses concentriques se détachant sur le plateau, justifie à lui seul le détour.
Histoire et signification
Le nom Moray a plusieurs origines possibles. En quechua, « amoray » désigne un champ de maïs, tandis que « moraya » fait référence à une pomme de terre déshydratée. Les deux pistes renvoient à la vocation agricole du lieu.
Le site est resté méconnu pendant plusieurs siècles avant d'être documenté en 1932 par l'expédition photographique Shippee-Johnson. Les terrasses ont probablement été aménagées au XVe et au début du XVIe siècle, sous l'Empire inca. Selon certaines recherches minoritaires, les six terrasses inférieures pourraient remonter à la culture pré-inca des Huari (VIᵉ-Xᵉ siècle), mais cette hypothèse n'est pas consensuelle.
C'est au XXᵉ siècle que l'anthropologue John Earls a formulé l'interprétation aujourd'hui dominante : Moray serait un centre agricole expérimental. Les analyses de sol et les vestiges retrouvés indiquent la culture du maïs, de la pomme de terre, des haricots, du quinoa, de la kiwicha, des feuilles de coca et de plantes médicinales. Une estimation, à prendre avec prudence, suggère que près de 60 % des produits issus de cette serre expérimentale sont encore consommés aujourd'hui dans les Andes.
Au-delà de sa fonction agricole, Moray pourrait avoir eu une dimension rituelle. Les Incas associaient la terre cultivée à la Pachamama, déesse de la Terre. Les formes circulaires des terrasses évoquent des motifs cosmiques, mais aucune preuve archéologique directe d'un usage cérémoniel n'a été établie.
Ce qu'il faut voir sur place
Le site se compose de quatre ensembles principaux de terrasses circulaires. Le plus grand mesure environ 30 mètres de profondeur et 220 mètres de diamètre. Les murs de soutènement en pierre soutiennent une terre fertile rapportée, et des escaliers intégrés relient les niveaux entre eux.
Un système d'irrigation sophistiqué alimentait les cultures : canaux, bassins et canalisations en pierre taillée appelées « paqcha » régulaient le cheminement de l'eau de source. Le drainage permettait d'éviter la stagnation, malgré la profondeur du puits.
L'écart thermique entre le bord supérieur et le fond du cercle principal est estimé à environ 15 °C au total, soit en moyenne 5 °C entre certaines terrasses. Cette gradation, combinée à l'orientation au soleil et à la protection contre le vent, créait autant de microclimats utilisables pour l'expérimentation.
Sur place, vous pouvez :
- Observer le panorama des terrasses depuis le belvédère d'entrée
- Descendre par les sentiers balisés pour approcher les niveaux inférieurs
- Combiner la visite avec une excursion en VTT depuis Maras ou Cruz Pata
- Faire appel à un guide local pour comprendre l'ingénierie hydraulique et l'histoire du site
- Déjeuner au restaurant MIL, table gastronomique installée à proximité immédiate du site
Informations pratiques
L'entrée de Moray est généralement incluse dans le Boleto Turístico de Cusco (billet touristique régional), qui couvre plusieurs sites de la Vallée sacrée. Comptez environ 1h30 à 2h de visite sur place pour faire le tour des belvédères et descendre vers le cercle principal.
Le site se trouve à environ 3 500 mètres d'altitude. Prévoyez une acclimatation préalable à Cusco si vous arrivez du niveau de la mer, et emportez de l'eau, un chapeau et de la crème solaire : l'ombre est rare sur les terrasses.
Chaque 8 octobre, la Fiesta de Moray, ou Moray Raymi, célèbre la fête du soleil avec des danses folkloriques et des représentations des coutumes incas autour de la terre, des récoltes et des travaux agricoles. Si votre voyage tombe à cette période, c'est un moment fort à intégrer à l'itinéraire.
Quand y aller
Moray bénéficie d'un climat tempéré d'altitude, avec des températures annuelles oscillant entre 1 °C et 21 °C. La meilleure période pour la visite s'étend d'avril à septembre, durant la saison sèche, lorsque le ciel est dégagé et les sentiers praticables.
De novembre à mars, la saison des pluies rend le paysage plus vert mais peut compliquer l'accès et la photographie. Les mois d'avril, mai et septembre, en transition, offrent souvent un bon compromis entre verdure et ciel clair.
Comment s'y rendre
Moray est accessible depuis Cusco, à environ 1h30 de route, et depuis les principales villes de la Vallée sacrée (Urubamba, Chinchero).
En colectivo
Depuis Cusco, prenez un colectivo en direction de Urubamba ou Chinchero, puis descendez à l'embranchement de Maras. De là, un taxi collectif ou un moto-taxi rejoint l'entrée du site.
En taxi privé
Une option plus directe : un taxi privé depuis Cusco, Urubamba ou Chinchero permet de combiner Moray et les salines de Maras dans la même demi-journée.
À VTT, à cheval ou en quad
Plusieurs agences locales proposent des excursions à VTT au départ de Cruz Pata, ainsi que des balades à cheval ou en quad depuis Maras. Ces formules combinent souvent Moray avec les salines voisines.
À proximité
La région de Cusco regorge de sites complémentaires à Moray. Les ruines de Huchuy Qosqo offrent un autre exemple d'architecture inca dans la Vallée sacrée, accessible par un trek d'une journée. L'église coloniale d'Andahuaylillas, surnommée la « chapelle Sixtine des Andes », se visite au sud de Cusco. Pour une perspective différente, le planétarium de Cusco aborde l'astronomie inca, intimement liée aux calendriers agricoles. Enfin, Chachabamba, sur le chemin de l'Inca, complète la découverte du patrimoine archéologique régional.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Comptez 1h30 à 2h sur place pour parcourir les belvédères et descendre vers le cercle principal. En combinant avec les salines de Maras, prévoyez une demi-journée à journée complète depuis Cusco.
Oui, les deux sites se trouvent à environ 7 km l'un de l'autre et sont presque toujours visités ensemble. La plupart des excursions au départ de Cusco ou d'Urubamba proposent ce circuit combiné.
Le site se trouve à environ 3 500 mètres. Une acclimatation préalable de 1 à 2 jours à Cusco est recommandée, surtout si la descente vers le fond des terrasses est prévue.
Oui, Moray figure parmi les sites couverts par le Boleto Turístico de Cusco, dans sa version intégrale ou partielle Vallée sacrée. Renseignez-vous sur la formule la mieux adaptée à votre itinéraire.
L'accès libre est possible et des panneaux balisent les sentiers. Un guide francophone ou hispanophone reste recommandé pour comprendre l'ingénierie hydraulique, les microclimats et le contexte historique.
Préparer votre voyage
Moray s'intègre naturellement dans un itinéraire de 10 à 15 jours mêlant Cusco, la Vallée sacrée et le Machu Picchu. Pour construire un circuit sur mesure tenant compte de l'acclimatation et des sites incontournables, consultez nos voyages au Pérou.
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